Le choc culturel inversé n’a pas « encore » eu raison de moi !

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choc culturel inversé expatriation« Alors ce retour ? » C’est drôle cet intérêt que tout le monde porte à la manière dont s’est passé le retour ! Je ne sais d’ailleurs jamais vraiment quoi répondre, car je crois que je ne comprends pas très bien la question. Que veulent-ils savoir au juste ? Si je suis arrivée saine et sauve ? Visiblement, je suis toujours entière. Si j’ai passé un bon trajet ? Non c’était naz, j’ai attrapé la crève à cause de la climatisation de l’avion. Si j’ai réussi à porter toutes mes valises ? Je ne cache pas que j’ai du y laisser quelques vertèbres but I made it. Si je suis contente d’être rentrée ? Oui. D’ailleurs, parlons-en !

Il y a deux semaines jour pour jour je m’envolais de Boston pour atterrir 15 heures plus tard à Charles de Gaulle. 15 HEURES oui c’est long que voulez-vous c’est ça de voyager low cost, ça fait faire des escales en Islande et après on devient dépendant de l’éruption ou non d’un volcan dont on ne veut même pas essayer de prononcer ni même écrire le Fuck*** nom – Tu feras gaffes, depuis les US t’es un peu vulgaire ! Première chose en débarquant… Trouver du réconfort dans l’achat d’une douzaine de chouquettes ! 15 mois sans chouquettes #torture.

J’avais lu tout un tas de billets sur le syndrome du re-entrey shock ou le choc culturel inversé. En d’autres termes, il est reconnu que les expats, après avoir passé un certain temps loin de leur pays natal ressentent au moment du retour des difficultés d’intégration à l’intérieur de leurs propres frontières. Administration pénible, décalage d’intérêts avec les amis, indifférence de l’entourage par rapport à l’expérience vécue, pessimisme et mauvaise humeur de ses compatriotes français… La liste des raisons avancées peut-être longue ! Qu’en est-il pour ma part ?

Il est sans doute trop tôt pour en tirer des conclusions hâtives, mais il me semble que je ne m’en sors pas si mal jusque-là ! Voici en quelques points ce qui m’a interpellée depuis mon retour :

  • Je n’arrive pas à me mettre dans la tête que je dois attendre l’après-midi pour appeler les US…
  • Les endroits d’où je skypais sont devenus les endroits que je skype.
  • Je suis me sens excitée à l’idée d’aller faire des courses dans nos supermarchés bondés de BONNE BOUF (en toute objectivité).
  • J’ai fait un monologue de 10m à mes parents sur le bonheur de manger des rillettes accompagnées de cornichons AU VINAIGRE.
  • J’ai eu l’impression de renaître au volant de ma vieille 205 car ça m’avait manqué de ne pas pouvoir passer les vitesses comme un pilote dans les virages serrés des routes de campagne (ce sont principalement des automatiques aux US).
  • J’ai été émue en attendant la voie de Francis Cabrel à la radio « moi je n’étais rien et voilà qu’aujourd’hui… »
  • Je me suis dit que Claire Chazal avait pris un sacré coup de vieux.
  • Je ne sais pas très bien si je dois sourire doucement ou être navrée de rentrer en plein milieu de la sortie du livre de Valérie Treirweiler.
  • J’ai envie de tutoyer tout le monde.
  • La disparition de Netflix dans ma vie a laissé un grand vide.

Donc non malgré ces quelques bouleversements très profonds, je ne me sens pas si désemparée dans mon propre pays. Selon les résultats d’une lonnnnnngue introspection d’au moins 5m, plusieurs raisons à ça : Premièrement, je ne suis partie que 15 mois et non 15 ans ! Deuxièmement, je suis partie en Amérique du Nord et non dans un pays d’Asie où les codes culturels changent du tout au tout. Troisièmement, j’avais trop d’attaches en France pour couper les ponts avec mes racines au point de ne plus me sentir chez moi. Quatrièmement : malgré la tristesse de laisser ce petit bout de vie américaine derrière moi, je sentais depuis quelques semaines l’excitation grandir à l’idée de rentrer ! J’étais prête… J’en parle ici.

Moi qui redoutais que la distance n’éloigne, j’ai été ravie de constater que les technologies de communication comme Skype font réellement des miracles ! Ma mère a été la première à me lancer « j’ai vraiment pas l’impression que tu as été absente 15 mois » ! J’admets que moi non plus… Cette période a été tellement intense que j’ai la sensation de l’avoir dévorée à grande vitesse. Comme s’il s’agissait d’une parenthèse dans le cours de ma vie ! Comme si le reste du monde avait été mis sur pause pendant que moi j’étais passée en mode accéléré.

Évidemment, j’exagère, je sais bien que la terre ne s’est pas arrêtée de tourner… Le quotidien des conversations me le rappelle lorsque je ne comprends pas les références aux souvenirs proches que les gens ont en commun. Ou quand je les barbe avec des anecdotes de voyage, mais que l’histoire tombe à l’eau comme une mauvaise blague car il fallait y être pour saisir l’instant ! Mais tant pis car… l’essentiel est là : on est juste contents d’être réunis !

Pour ton retour aux sources, à la douceur et la simplicité de la vie vétusienne, mais sans le fun de la vie américaine. Bienvenue chez toi, chez nous…

Et vous les voyageurs qui sont rentrés en France, avez-vous rencontré des difficultés dans ces moments de transition ? Quelles images gardez-vous de la période de réadaptation ?

7 Comments on Le choc culturel inversé n’a pas « encore » eu raison de moi !

  1. fedora
    9 septembre 2014 at 07:21 (3 années ago)

    Sinon, Netflix arrive bientôt en France ;)

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    • Marion
      9 septembre 2014 at 09:31 (3 années ago)

      YESSSS!!!! Mi-septembre il me semble!!! Je peux plus attendre!

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  2. carrie
    9 septembre 2014 at 07:55 (3 années ago)

    A mes 1ers retours en France apres 2-6 mois en GB je ne comprenais deja plus leur humour….et parfois la radio semblait debiter une immense phrase sans que je comprenne le sens. Perturbant!
    Sans rappeler mes amies qui me disaient: tu ne parles plus comme avant, on te comprend mais le voca est different….sympa!

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    • Marion
      9 septembre 2014 at 10:40 (3 années ago)

      « Tu ne parles plus comme avant »… ça peut s’appliquer dans mon cas aussi! Au Québec, les gens s’expriment avec beaucoup d’anglicismes qu’ils conjuguent comme des verbes du premier groupe en français lol ça donne « j’ai cancelé mon vol, je vais biker, ou encore j’ai switché, etc ». Quand l’un d’eux m’échappe, on me regarde comme une bête de foire :-D

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  3. Cécile
    9 septembre 2014 at 10:37 (3 années ago)

    Personnellement, à mon retour d’Australie j’étais déprimée et quand je rentre de voyage, même si j’ai hâte de revoir ma famille, quelques jours plus tard je suis à nouveau prête à repartir. Tout dépend de l’entourage je pense, ma famille ne cautionne pas mes voyages :) Et je n’avais pas de smartphone, ça complique la vie ;)

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  4. Isabelle de fromSide2Side
    9 septembre 2014 at 16:57 (3 années ago)

    J’ai déjà vécu ça deux fois : quand je suis revenue de Taiwan après 3 ans et demi, comme toi, j’atais super contente de retrouver la france .. mais il est vrai aussi, que nous sommes tombés dans un endroit sympa et que surtout, nous avions nos enfants dans une écoles où nous étions tous dans le même cas : du coup, nous nous comprenions … maintenant après 6 ans aux US, je ne sais pas : je suis devenue un peu une étrangère en france .. en tout cas, je ne voudrais pas me retrouver à certains endroits ..

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