Quand les banalités prennent une autre dimension

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Keep it simple - Insolite RoutineUn an que je suis en Amérique du Nord. 365 jours que je n’ai pas mis les pieds en France. J’avais prévu d’y passer les fêtes de Noël, mais c’est tombé à l’eau. J’avais alors pensé décaler ce passage en terre natale au mois de février, mais ça ne s’est pas concrétisé non plus ! Aujourd’hui, on est déjà en mai et me voilà dans ce bus en train d’arpenter le Canada et les USA de long en large. Les mois défilent, mais malgré la vitesse à laquelle les minutes passent, les temps morts comme celui-là sont accompagnés d’un petit pincement au cœur. 11 heures de bus, ça en fait des secondes pour ruminer !

En voyage on rencontre un tas de personnes. L’une des questions les plus récurrentes est la suivante : qu’est-ce qui te manque le plus en France ? Comme les ¾ des français, quand je n’ai pas envie de m’étaler, je réponds un basique « le fromage et la charcuterie ».

Aujourd’hui est un autre jour. Voilà que je me sens d’humeur bavarde et que pour une fois j’aimerais soigner la réponse à cette question. Après tout, je sais exactement ce qui me manque. Rien à voir avec la bouffe quoi que !

Je me languis de tous ces petits instants qui paraissent banals quand on les vit souvent, mais qui, quand ils ne sont plus là, prennent une tout autre dimension. Quand je pense à la France et à la vie que j’ai là-bas, je me surprends à avoir une envie immédiate et puissante de :

  • Papoter avec ma mère dans la cuisine.
  • Bouloter sa tarte au citron, son flan nature ou son gâteau au chocolat (les meilleurs du monde en toute objectivité).
  • Aller voir le jardin que mon père remet à neuf chaque année.
  • Me goinfrer de toutes les cerises et aller chercher les tomates qui finiront en salade pour le déjeuner.
  • Prendre ma voiture (une 205 dans laquelle il ne faut toucher à rien de peur que tout s’écroule) et conduire un peu trop vite dans les petites routes de campagne que je connais par cœur.
  • Débarquer chez mes copines et bavarder pendant des heures en buvant du vin ou du thé (c’est selon l’humeur) !
  • Arriver sur le pont du Cadre Noir de Saumur et me dire comme à chaque fois « il est quand même pas mal ce château » !
  • Rendre visite à ma grand-mère et manger un yaourt Petit-Suisse avec MA cuillère en or (entendez couleur or ^^).
  • Passer chercher mon grand-père pour l’emmener se promener dans la forêt qu’il aime tant.
  • Aller acheter le pain à la Boulangerie de Vivy (mon petit village dont je trouve le nom trop cute).
  • Se coucher à pas d’heure après une soirée ambiancée avec les copains.
  • Faire un grand geste de la main pour saluer le voisin.
  • Raconter des idioties grosses comme moi pour faire éclater de rire ma copine K. Elle a le fou rire facile. C’est génial cette impression d’être l’être le plus drôle du monde pour 20s!

Ces instants bien précis, que je serais capable de décrire au détail près, sont d’une simplicité déconcertante. Quand l’heure du retour sera venue, je me demande si ces moments seront plus intenses, étant donné que désormais j’ai réalisé à quel point ils comptent ? Ou si je les vivrais tout naturellement comme si je ne les avais jamais quittés?

8 Comments on Quand les banalités prennent une autre dimension

  1. Carnet Positif
    7 mai 2014 at 13:41 (4 années ago)

    Je persiste à penser que les moments les plus simples sont aussi les plus beaux… Je vois les choses ainsi, & je le constate au quotidien !

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    • Marion Taveau
      9 mai 2014 at 00:33 (4 années ago)

      Je suis tellement d’accord avec toi!!!! Et le pire dans tous ça, c’est qu’au quotidien on ne s’en aperçoit pas forcément!

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  2. ifeelblue
    7 mai 2014 at 14:45 (4 années ago)

    au final, je trouve que ce qui manque le plus, c’est de partager le quotidien avec ses proches. C’est ce que tu décris. Pouvoir se retrouver à l’improviste, ou organiser un week end ou une soirée au dernier moment. Parce qu’on est tous là, de toute façon.
    Alors que quand tu rentres de l’étranger, il y a beaucoup moins de spontanéité.

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    • Marion Taveau
      9 mai 2014 at 00:36 (4 années ago)

      oui tout à fait! la spontanéité avec ses proches c’est exactement ça qui me manque!

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  3. Bloody Anna
    7 mai 2014 at 15:23 (4 années ago)

    Tiens c’est marrant, on vient de la même région :-) Et je me pose les mêmes questions que toi, sauf que moi je me suis juste exilée sur Paris ^^ (mais par manque d’argent, ça fait quasi deux ans que je n’ai pas revu ma famille (qui ne peut pas non plus se déplacer pour d’autres raisons)). Bref maintenant c’est bon et je vais bientôt revivre dans mon coin et comme toi je me dis « est-ce que ce sera plus intense ? mieux ? » ou « est-ce que ça fera comme si j’étais partie hier ? ». J’ai conscience que ça peut sembler ridicule étant donné que moi, un océan ne me sépare pas de mes proches mais au final, j’ai tout de même été coupée de tout le monde donc… à voir. Dans un mois si tout se passe bien ! Et je confirme que ce sont les choses les plus banales qui m’ont manquées, comme pouvoir passer chez mes grands-parents en fin de journée (le QG de la famille pour décompresser le soir :-)), ou encore pouvoir faire une sortie à l’improviste avec des amis sans se demander si ça va pas être trop craignos pour rentrer le soir (parce que bon, dans le 93, j’évite en général). Bon j’ai peut-être été à côté de la plaque dans mon commentaire mais voilà mon ressenti face à tout ça.

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    • Marion Taveau
      9 mai 2014 at 00:41 (4 années ago)

      Tu n’es pas du tout à côté de la plaque! Qu’il y est 6h d’avion ou 30 minutes de voiture… quand la distance s’installe et que l’on commence à être trop loin pour partager autant qu’avant, et bien ça fait forcément naître un brin de nostalgie! Plus qu’un mois et tu auras la réponse à cette question! Moi ce sera en août :-D

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  4. Margarida
    9 mai 2014 at 14:37 (4 années ago)

    Bonjour,

    Je suis tout à fait d’accord avec ton article, cela fait bien longtemps que je suis partie de « chez moi » et quand on me demande ce qui me manque c’est toujours les petites choses, les petits détails. Il faut aussi dire que c’est en partant que l’on se rend compte de l’importance des petits instants.

    A bientôt

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    • Marion Taveau
      13 mai 2014 at 04:02 (4 années ago)

      Tout à fait! Le fait de partir loin nous fait réaliser à quel point ce que l’on prend pour des banalités au quotidien sont en réalité des moments très intenses :-D

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